"Ca commence à bien faire"
Dimanche, le Président de la République a dû concéder que «dans le secteur de l’agriculture qui est en crise, qui est en difficulté, il n’est pas interdit de regarder tel ou tel problème particulier». En clair: s’autoriser à s’asseoir sur certains engagements environnementaux pour calmer la colère du monde paysan. Dernière déclaration en date, la taxe carbone . Cela avait été un de ses projets-phare, retoquéen fin d’année par le Conseil constitutionnel. Dans une interview au Figaro Magazine, le président assure que celle-ci verra bien le jour, mais après une concertation nationale et européenne. Ce qui risque fort de repousser de facto sa mise en œuvre.
Quand il estime que «ça commence à bien faire», Nicolas Sarkozy dit tout haut ce que beaucoup à droite pensent tout bas. Les députés des circonscriptions rurales se font le relais de la colère agricole. Mais surtout, beaucoup constatent, dans les cercles proches du pouvoir, que l’environnement «ne rapporte rien à la droite», selon les mots d’un dirigeant UMP. Vouloir sauver la planète, c’est bien gentil mais encore faut-il que ça ramène les voix, jugent certains dans la majorité. Or, la conversion de Nicolas Sarkozy ne lui a apporté aucun bénéfice. Les élections européennes ont vu s’envoler les listes d’Europe Ecologie clairement arrimées au camp de la gauche. Une tendance qui devrait (dans une moindre mesure, certes) se confirmer lors des régionales.
Nicolas Sarkozy aime gagner. Et si son tournant écolo ne paie pas, il pourrait bien s’exonérer de certaines de ses promesses. Sans aucun état d’âme.
Lu sur slate.fr
Cela n'arrive pas qu'aux autres...
A Colorado Springs un modèle de société singulier existe. Hostiles à tout ce qui ressemble à l’Etat, les libertariens dirigent la ville. Leur idée : la sphère publique offre le minimum et ceux qui veulent plus font appel au privé. Ainsi, la gestion n’est pas compliquée « il suffit de privatiser le déneigement, l’entretien des routes, la paie, la gestion du parc automobile et de diminuer le nombre de fonctionnaires qui bénéficient de cotisations de retraites et coûteront encore dans 20 à 30 ans ». Comble du ridicule, celui qui veut de l’éclairage public devant chez lui paie 75 dollars, sinon pas de lumière. Bien évidemment, cette ville n’offre aucun service de bus, ou d’entretien des jardins. Les centres sociaux sont repris par des bénévoles à qui ils manquent 410 000 dollars pour faire fonctionner l’association correctement.
Cette vision d’une société sans entraide où le privé gère les compétences afin de pouvoir maintenir un budget en équilibre, gangrène lentement notre Collectivité. Nous savons que cela ne fonctionne pas et les plus démunis doivent quitter Colorado Springs. Malheureusement, en Eure et Loir, les assistantes familiales, les services des routes ou l’aide aux personnes âgées ont de plus en souvent l’impression de vivre à Colorado Springs.
Fallacieux, ieuse : Qui est destiné à tromper…
Un article de journal l’écho en date du 12 avril reprenait la situation de la 154 et notamment l’analogie entre la RN10 des Landes et la RN154 d’Eure et Loir. L’article reprend également la position du groupe minoritaire du Conseil général sur le sujet, sans l’expliquer. C’est ce que nous venons faire ici.
Pourquoi les situations ne peuvent pas être comparées? Tout d’abord, l’aménagement du territoire est différent. Le système des échangeurs est possible car il n’y a pas un nombre important de petits villages à desservir comme en Eure et Loir. Peu d’échangeurs permettent d’irriguer totalement le territoire, ce n’est pas le cas en Eure et Loir.
Ensuite, le dossier de cette autoroute fait partie d’une logique d’ensemble et est compatible avec les projets « ambitieux de développement des modes ferroviaire […], ce n’est pas non plus le cas en Eure et Loir. Enfin et surtout, « le cahier des charges de la concession prévoit que le candidat retenu doit verser 400 millions d’euros en contrepartie de l’apport en nature par l’Etat de l’infrastructure existante ». Nous sommes carrément dans un autre monde que celui de l’Eure et Loir.
Tout va bien, Madame la Marquise…
Les Départements de France connaissent une période sombre et doivent se « serrer la ceinture ». Les Investissements sont réduits à peau de chagrin, les budgets de fonctionnement compressés au maximum.
Les Présidents des Départements s’inquiètent de devoir prendre des mesures drastiques.
Dans l’Héraut, chaque vice-président a dû « diminuer son budget d’Investissement de 5% ». Les départs à la retraite ne seront pas remplacés pour 70 postes.
Dans le Gard,22 millions d’Euros d’aides sont supprimées avec une diminution de ¼ des aides allouées aux secteurs de la culture, du sport et des associations.
Dans l’Aude, outre « des économies d’échelles faites en ne remplaçant pas tous les départs » et une augmentation de 2% des impôts, le Conseil général a baissé de 48.5 millions l’aide aux communes et aux associations.
La grande partie des Présidents de Conseils généraux, sans distinction politique, demandent à l’Etat de tenir ses engagements et de donner l’argent nécessaire pour assumer les transferts de compétences. Comme la loi de décentralisation le prévoit.
Claude Bartolone vient même de voter un budget en déséquilibre, chose illégale, pour souligner la faillite des Départements.
La situation n’est plus tenable et les élus se battent contre la mort inéluctable des Départements, sauf une poignée d'irréductibles dont...
… Albéric de Montgolfier qui refuse de cotiser à l’Assemblée des Départements de France et qui refuse de saisir l’Etat ou la justice comme Monsieur Montebourg l’a fait.
- « En Eure et Loir, des problèmes ? »
- « Pas du tout, tout va bien Madame la Marquise. »
Les Nouvelles Technologies et le Conseil général :
L’Eure et Loir est, comme dans beaucoup de domaine à la traine par rapport aux autres Départements. La mise en place du Haut débit est un processus relativement long quand il y a une politique volontariste. Il est encore plus long quand il n’y aucune volonté de faire avancer le problème.
Techniquement la situation est la suivante :
La fibre optique est le système le plus connu mais la principale difficulté est son coût de déploiement. Notamment dans les zones rurales où le raccordement des bâtiments isolés a un coût trop important avant plusieurs décennies.
Le satellite présente l’avantage de pouvoir raccorder virtuellement n’importe quel abonné sur n’importe quel point du territoire. Une bande passante limitée et fortement mutualisée conduit à certaines heures à des débits très faibles. Cette technologie ne répond pas aux attentes de très haut débit.
Le Wi max est une technologie hertzienne de transmission telecom. Cette technologie sans fil s’apparente au WiFi mais offre des possibilités beaucoup plus importantes. Ce système fonctionne avec des équipements dits d’infrastructure qui permettent de relier les points hauts entre eux. Ces liaisons peuvent être distantes d’une dizaine de kilomètres. Puis des « clients final » qui sont des petites antennes carrées installées sur le toit des maisons. Ces antennes captent le signal des équipements d’infrastructures.
Les Départements qui mènent une vraie politique en faveur des NTIC réfléchissent en deux temps. Offrir du haut débit immédiat à tous et du très haut débit dans un futur proche.
L’Orne par exemple a aujourd’hui 100% des Ornais qui peuvent accéder à l’internet haut débit, le réseau Wimax et l’ADSL couvrant le territoire en complémentarité. L’opération « orne haut débit pour tous » permet au Conseil général de proposer à 3000 foyers qui ne peuvent pas encore accéder à internet haut débit, la prise en charge financière de leur pack de connexion au satellite.
Alain Lambert, sénateur, Président du CG (UMP) souhaite « poursuivre de façon volontariste son équipement numérique. De nouvelles technologies émergentes sont suivies avec attention et pourront être mises en œuvre conjointement par le Région et les Départements. Dans le même temps, pour que l’utilisation du réseau Wimax soit optimisée, le conseil général de l’orne fait aussi pression sur l’entreprise Altitude Telecom, installateur et exploitant du réseau pour qu’elle accentue ses efforts de commercialisation auprès des Ornais ».
Encore, les liens inexpliqués ou indicibles entre le CG28 et France Telecom nous empêchent d’avancer comme l’orne qui un opérateur différent de France Telecom.
Si nous voulons que l’Eure et Loir ait pour une fois de l’avance sur les autres, il ne faut pas se contenter de réfléchir comment installer le haut débit mais il faut commencer à réfléchir le Très haut débit (10M). Le Département du Lot et Garonne vient de lancer un schéma départemental du très haut débit grâce à la fibre optique dont l’objectif sera de préparer le Lot et Garonne à l’arrivée généralisée du très haut débit.
Ne nous contentons pas, une nouvelle fois des promesses pendant que les autres tiennent leurs paroles.
Le président du Conseil général dit qu’une couverture 100% est impossible. Nous venons de vous donner deux exemples qui prouvent le contraire.
Nous proposons une politique sur les NTIC en deux temps :
- à moyen terme il faut que le conseil général généralise le wi max qui va offrir aux euréliens une véritable connexion haut débit. Cette technologie est peu onéreuse elle gère donc ce qu’on l’on appelle « le dernier kilomètre » c'est-à-dire la capacité à relier tous les bâtiments y compris les plus lointains et les plus isolés. Il faut comme dans l’orne prendre en charge le pack de connexion satellite pour arriver aux 100 %.
- A long terme, la fibre optique, qui est plus longue à mettre en place, devra offrir le très haut débit à l’ensemble des Euréliens.
Il faut que les élus passent de la théorie à la pratique afin d’offrir à l’Eure et Loir, l’une des clefs de voûte de son essor. Cela d’autres Conseils généraux l’ont bien compris.
Une fracture numérique existe mais elle a pour conséquence une fracture sociale et une fracture économique. Une fracture sociale évidente car certaines personnes qui sont déjà éloignées du cœur des villes, n’ont pas accès aux mêmes informations et à la même vitesse que les autres. Fracture économique car les entreprises viennent s’installer si et seulement si elles sont certaines de toujours bénéficier d’une connexion à la hauteur.
Une vraie défense des Départements.
La rébellion des départements grimpe encore d’un cran. Il y a trois jours, Claude Bartolone, président du conseil général de Seine-Saint-Denis, annonçait avec fracas son intention de présenter un budget en déséquilibre— ce qui est interdit — pour protester, notamment, contre les transferts de charges non compensés par l’Etat. Ce mardi, ce sont sept présidents de conseils généraux, sous la houlette de l’Association des départements de France (ADF), cinq de gauche et deux de droite, qui défient «le pouvoir central, obstiné à ne rien entendre» - Arnaud Montebourg (PS) dixit - sur cette question de la compensation des charges transférées à leur collectivité de 2002 à 2009.
Résultat: un manque à gagner de plus de 4 milliards d’euros pour 2009 et l’obligation, pour les départements, de rogner sur d’autres budgets, comme le sport ou la culture, ou de revoir à la baisse ses investissements.
En Eure et Loir, le président du Conseil général a refusé, avec une trentaine d’autres présidents UMP, de verser la subvention à L’Assemblée des Départements de France, sous prétexte que celle-ci devenait trop politique. Curieux non?